L’illustratrice est-elle une dinde ?

La réponse aurait pu être oui car j’ai bien failli être victime d’une fraude professionnelle. Je la raconte ici en espérant que vous ne deviendrez pas à votre tour le dindon de la farce. Malheureusement, ceci n’est pas un poisson d’avril…

La semaine dernière, une amie m’a transféré un mail (groupé) qu’elle avait reçu, dans lequel une personne indiquait rechercher une illustratrice pour un projet de jeu pédagogique. Mon amie m’a indiqué ne pas connaître cette personne mais j’ai répondu néanmoins à l’annonce et j’ai envoyé un devis. La personne a accepté mon devis et m’a demandé mon RIB pour me verser l’acompte que je demandais.

Quelques heures après avoir reçu mon devis, mon “futur client” m’appelle pour me dire qu’il a versé l’acompte mais qu’il s’est trompé sur le montant et m’a versé 2000 € de trop. Il me demande de le rembourser dès que possible. Je lui répond que je le ferais dès que l’argent sera sur mon compte. Il me rappelle le soir même, le lendemain matin, midi, soir, bref, il me met la pression.

Deux jours après, je vois enfin apparaître le montant attendu sur mon compte, mais sous la dénomination “remise de chèque”. Je suis très étonnée car je n’ai fait aucun dépôt à la banque, et je m’attendais à un virement. J’appelle ma conseillère bancaire pour me renseigner. Entre temps, mon “client” m’appelle pour me demander si l’argent est arrivé sur mon compte. Je lui dit que j’ai bien reçu l’argent mais que le libellé est étrange et que j’attends une réponse de ma banque avant de le rembourser. Mon “client” s’énerve, me dit que c’est à cause des dysfonctionnements liés au COVID qu’il a déposé un chèque sur mon compte au lieu de faire un virement et me demande de le rembourser sur le champ. Pour me débarrasser enfin de lui, je fais un virement que j’annule immédiatement, et lui envoie une “fausse” copie d’écran.

Ma conseillère bancaire me rappelle enfin pour me dire que ce procédé de remise de chèque est très étrange, que cela ressemble à de la fraude et qu’elle va faire vérifier si le chèque déposé est bien approvisionné. En effet, quand un chèque est déposé sur un compte, le montant est crédité mais la vérification du chèque prend une dizaine de jours. J’aurais pu donc croire que j’avais bien été payé… Pour me rendre compte ensuite que le chèque était en bois ! Pendant ce temps, mon “client” m’appelle le soir même et le lendemain matin pour me dire que l’argent n’est pas arrivé sur son compte (étrange, n’est-ce pas ?).

Conclusion de l’affaire, vous vous en doutez, ma conseillère bancaire m’apprend le lendemain de cet échange que le chèque provient d’un chéquier volé. Je ne me suis pas faite avoir mais j’aurais très bien pu ne pas me méfier de cette remise de chèque… Quand à mon “client”, il nie la main sur le coeur que cette affaire est de la fraude, mais bizarrement, je n’ai plus entendu parler de lui ensuite… Non, l’illustratrice n’est (presque) pas une dinde !


Les marques et l’illustration

Pour une marque, utiliser de l’illustration pour sa communication est un challenge. De prime abord, cela les attire. Puis elles abandonnent l’idée parce qu’elles ont peur de se tromper, d’être trop confidentielles. D’être marquées par la patte de l’illustrateur/rice. « J’ai peur que ça ne nous ressemble pas assez » « C’est peut-être trop segmentant »…

Et pourtant… De ce que je perçois, l’illustration apporte plus de chaleur, de proximité que la photographie, elle diffuse de manière plus incisive un esprit et une personnalité, elle marque mieux les esprits, elle est créative, concise… Elle est plus facilement utilisée dans la culture anglaise, il suffit d’aller voir la beauté des packagings exposés dans n’importe quelle boutique anglaise pour s’en rendre compte.  Et puis dans cette société de consommation en quête de sens et de proximité, quoi de plus touchant qu’un dessin, surtout s’il est fait à la main ?

Je l’ai expérimentée personnellement lors d’ateliers d’illustration en point de vente de luxe. J’étais envoyée par l’agence Cobalt Création chez Louis Vuitton, l’Artisan Parfumeur ou Penhaligon’s pour illustrer des cartes accompagnants les cadeaux achetés par le client, pendant les périodes de fêtes. Le client se voyait offrir ce service et pouvait me demander d’illustrer ce qu’il voulait.

A chaque fois, l’émotion était là : le client était profondément touché, tellement reconnaissant de recevoir un dessin personnel et exécuté devant lui. J’ai aussi fait des ateliers gravure ou dorure sur cuir dans le même contexte, mais l’émotion n’était pas aussi forte. Il manquait une touche de magie que seul un dessin peut apporter…

Je l’ai également expérimenté récemment, en travaillant en packaging et identité de marque pour une Maison d’Artisans en épicerie fine. Mon client souhaitait valoriser l’authenticité de ses produits, fabriqué dans un esprit de tradition culinaire française, avec un grand respect dans le choix des matières premières (origine, fraîcheur, qualité…). L’émotion dans ce cas est primordiale : une vielle maison de famille à la campagne, les confitures maison de ma grand-mère, le fromage acheté à la ferme voisine, les grandes vacances au vert et l’enfance… Il n’y avait pas meilleur choix que de travailler avec de l’illustration pour retranscrire cela.  

Illustrations de Myriam Le Barbier, crées pour l’Artisan Parfumeur et Penhaligon’s



Ces podcasts qui m’inspirent

Je me suis mise récemment à écouter des podcasts. J’adore ce format, que je peux écouter dans ma voiture ou en déjeunant, surtout s’il a pour sujet mes 3 thèmes préférés : la créativité, l’équilibre (corps/tête/boulot/perso…), et les témoignages de femmes, celles qui sont influentes, puissantes mais aussi et surtout les autres, celles qui racontent leurs parcours de vie, leurs réussites et leurs échecs. J’y puise énormément d’idées et d’inspirations. 

Mon préféré : Génération XX. J’adore l’approche de Siham, sa recherche de sens, sa sincérité, sa manière de voir chacune dans son intégrité : corps et âme. 

Je viens de découvrir le podcast de Goop, l’eshop de Gwyneth Paltrow. J’ai beaucoup aimé l’épisode où elle reçoit Stella McCartney, qui raconte ses débuts, sa vision de la mode, ce qu’elle essaye d’accomplir, son équilibre entre son boulot et sa famille (elle a 4 enfants). Passionnant et tellement inspirant ! 

Dans le même genre, j’adore le podcast de Garance Doré, très sincère également, qui fonctionne comme une conversation : les amies de Garance se réunissent pour échanger sans tabou sur des sujets comme leur rapport à l’argent, la gestion de leurs règles, les appli de dating, ou bien leur équilibre carrière / vie perso avec un angle de vue féminin. Ces deux podcasts sont en anglais. 

 Et vous, qu’est-ce qui vous nourrit ?


Le Beau existe, je l’ai rencontré.

En ce moment, je participe au passionnant programme « She means Business ». C’est un programme mis en place par Facebook et Social builder qui a pour ambition de former 15000 femmes en France pour renforcer leur leadership, leur compétences numériques et leur esprit d’entreprendre. C’est la COO de Facebook, Sheryl Sandberg qui est à l’origine de cette idée (vous comprendrez pourquoi en regardant cette vidéo passionnante).

Au cours de ce programme, on nous demande de réfléchir sur ce qui nous anime, nos valeurs, notre vision. Pour ma part, c’est mon amour du dessin et du BEAU. Depuis que je suis toute petite, je dessine toute la journée. Créer de belles images, authentiques, me rend profondément heureuse, et la gratitude de la personne qui reçoit mon dessin me rend encore plus heureuse. Je suis persuadée que le BEAU n’est pas subjectif, qu’il existe un « beau » universel, vrai, qui touche l’humanité et qui l’élève. Je crois aussi qu’il n’y a pas de bien-être sans harmonie visuelle.

Pour dessiner, j’ai besoin d’un sujet. J’aime plus que tout répondre à une attente, à un besoin. Traduire en visuel ce que l’autre veut exprimer, et voir ses yeux s’illuminer (« tu as compris ce que j’essaye de dire!! ») est une immense satisfaction. Et pas seulement en dessin, mais dans tous les arts visuels.

Une amie récemment m’a dit que j’étais son « coach visuel » : c’est en travaillant l’identité visuelle de son entreprise ensemble qu’elle a réussi à mettre au clair ses valeurs et sa vision, et qu’elle a gagné en assurance pour vendre son expertise. Et moi j’ai adoré nos longs échanges, découvrir sa vision des choses, sa manière d’exercer son métier, et traduire tout cela visuellement.

Et vous, qu’est ce que vous anime dans votre métier ?

En illustration de cet article, un dessin réalisé pour mes voeux de 2015

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